Les Ateliers

Chaque année, je propose à mes élèves adultes de réaliser un nouveau projet de calligraphie et de décoration autour d'un thème donné. La calligraphie de textes littéraires leur permet de découvrir ou d'appronfondir leur connaissance et leur pratique des écritures latines traditionnelles. L'ajout de décorations autour des textes calligraphiés nécessite, lui aussi, de la patience, du goût et du soin. À mes élèves moins expérimentés, je propose la réalisation de cartes illustrées utilisant les écritures les plus abordables.

Trois abeilles Calendrier des cours et stages 2018-2019 

Jules Verne Atelier Jules Verne

Dans cet atelier, j'ai invité mes élèves à me rejoindre dans le monde imaginaire de "Vingt mille lieues sous les mers". Je leur ai proposé de calligraphier les beautés de la vie sous-marine, depuis l'étrange hippocampe, cheval de mer au corps cuirassé, jusqu'à la turritelle dont la coquille en forme  de tour spiralée me fait penser à la tour de Pise. Ce monde magnifique et si varié méritait l'utilisation des treize écritures traditionnelles que vous allez pouvoir découvrir.

 Atelier Impressions indiennes


Au début du XXe siècle, au Rajasthan, les splendeurs côtoient de grandes misères.  
Le récit de Pierre Loti - L'Inde sans les Anglais - est pour nous l'occasion de réaliser un beau voyage calligraphique de Odeypour à Gwalior dans le bel univers des écritures traditionnelles Chancelière, Onciale classique, Grosse ronde, Caroline diplomatique, Gothique textura, Cursive romaine, Anglaise, Minuscule insulaire, Gothique bâtarde anglaise, et Mérovingienne.

Pour calligraphier le titre de cet atelier -impressions indiennes-,  je me suis inspirée de l'écriture devanāgarī.
Le reste du texte est calligraphié en écriture Chancelière.



" Quand on arrive à Odeypour, on aperçoit de très loin les blancheurs de cet amas de palais et de temples se détachant sur le fond des hautes montagnes dentelées.
Derrière la ville blanche, aussitôt dépassées les grandes portes ogivales, sans transition, commence le bois silencieux, qui s'en va, par-dessus les hautes cimes, rejoindre au loin la forêt, la jungle et les tigres. "

Texte calligraphié en écriture Onciale.


"Les arbres de moyenne futaie, les buissons aux branchages légers, ressemblent aux nôtres, et ils sont très effeuillés, comme il arrive chez nous à la fin des automnes.
Il y a dans le bois des sangliers, des singes et quantité d'oiseaux, des vols de tourterelles, des tribus de perruches. Les paons superbes s'y promènent en troupe sous les arbres morts, sous les broussailles grises et sur le sol teinté de cendre ; on les voit courir tout allongés, à la file, merveilleux d'éclat et semblables à des fusées de métal vert."

Texte calligraphié en Chancelière



"Toutes ces bêtes sont libres, mais on ne saurait dire sauvages, car, en ce pays où l'homme ne tue pas, elles n'ont pas comme chez nous l'idée de le fuir. Quant aux tigres qui habitent l'autre versant des montagnes, de mémoire d'homme on ne les a jamais vus rôder dans le bois charmant."

Texte calligraphié en Grosse Ronde


"... Gwalior, la ville sculptée, la ville tout en dentelle blanche, célèbre dans l'Inde pour la magnificence et la fantaisie de ses ciselures sur pierre . C'est presque trop joli, tout ce qu'on voit, trop travaillé, trop ajouré ; on dirait des maisons de parade qui seraient en fin cartonnage découpé à l'emporte-pièce ; mais elles sont en grès dur et leur luxe délicat n'est point fragile. Les milliers de petites colonnes, encadrant les porches festonnés ou les fenêtres frangées de stalactites, ont des chapiteaux qui imitent des feuilles, et des bases en forme de calice de fleur."

Texte calligraphié en Caroline Diplomatique


"Une quantité extravagante de loggias, de moucharabiehs - toujours en ce grès des carrières voisines - se superposent et débordent sur la rue. Au pays de Gwalior, si l'on veut faire un grillage de balcon, ou une persienne pour rendre les belles dames invisibles, on prend une grande plaque de grès, amincie comme une planche, et on y découpe des arabesques finement exquises ; une fois en l'air, cela ressemble à de frêles boiseries, ou même cela simule des légèretés de papier. Et tout est peint à la chaux, blanc comme neige, avec ça et là, sur les murailles, d'éclatantes peinturlures représentant des fleurs, des promenades d'éléphants..." 

Texte calligraphié en Gothique Textura




"Les mousselines du Radjpoutan, où l'on s'enveloppe de la tête aux pieds, ont des dessins savamment barbares ; les couleurs y sont jetées comme des taches, comme des cernes sans contours. Telle femme a choisi pour son voile du vert mousse semé de larges cernes roses ; une autre, qui chemine en sa compagnie, est en jaune d'or taché de bleu lapis et de bleu turquoise, ou bien en lilas avec des marbrures jaune orange."

Texte calligraphié en Cursive Romaine



"La légèreté des tissus, les rayons de soleil qui traversent, la transparence des ombres, font jouer tout cela comme les feux du prisme. Et, parfois, au milieu de ces nuances de fleurs et de matin, passe une autre belle vêtue comme une fée de la nuit, apportant la surprise de voiles tout noirs, zébrés de longues raies d'argent." 


"Sur la grande place du marché entourée de temples et de kiosques en fines découpures, les femmes, aux voiles de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, assaillent les marchands de tapis, de soieries, de fruits, de gaines et d'épices.
Ce qui se vend surtout, ce sont les roses roses, sans tige, pour servir à composer des essences ou à faire des colliers."

Texte calligraphié en Minuscule Insulaire


"Sur un éléphant du roi, le dernier soir, et en compagnie d'un aimable personnage de la cour, j'ai fait ma promenade d'adieu dans la ville du grès ajouré, à l'heure moins chaude où les femmes aux mousselines peintes, aux mousselines argentées, prennent l'air sur les balcons précieux. Le long des rues étroites, le dos de l'énorme bête - un éléphant femelle dans la soixante quinzième année de sa vie -, nous mettait à la hauteur des premiers étages, à toucher les moucharabiehs délicats, les galeries sculptées où rêvaient les belles, et toutes s'inclinaient en portant les deux mains au front."

Texte calligraphié en Gothique bâtarde anglaise



"En montant, il zigzague sur la route pour rendre l'ascension plus douce ; toute sa masse dandinante me berce d'ondulations molles, et chacun de ses pas donne le sentiment de sa lourdeur de colosse par l'écrasis de poussière qui se fait sous son pied large. Cependant, sa marche feutrée est à peine bruyante et, dans le silence absolu des entours, on n'entend guère que le son grave des deux cloches d'argent pendues à ses côtés, qui sonnent un carillon mélancolique, à intervalle mineur."

Texte calligraphié en Mérovingienne

Atelier de chat

Dans cet Atelier, j'ai proposé un voyage dans l'univers des chats de poètes.
C'est l'occasion d'observer d'un oeil indulgent les habitudes de ces petits félins tout en travaillant quelques écritures latines: Gothique ronde (19e siècle), Bénéventine (8e siècle), Anglaise (18e siècle), Cursive romaine tardive (4e siècle), Onciale tardive (7e siècle), Caroline (9e siècle), Ronde (17e siècle), Rustica (le type du 5e siècle) et Chancelière (16e siècle).

Maurice Rollinat, Les Bêtes, 1911.

"Aujourd'hui depuis l'aube, ayant bien ripaillé
Au vieux château qui le vit naître,
Il est, sur son fauteuil poudreux et dépaillé,
Accroupi devant la fenêtre.

Il pleuvasse un peu,
mais pour ce craintif de l’eau
L’ondée a trop de violence ;
Il reste au gîte, y fait son ronronnant solo
Dans la musique du silence.

Confit en sa mollesse, il peine à s’étirer ;
Piète, sort sa griffe, la rentre ;
Pour le moment, sans puce, et gavé son plein ventre
Il n’a plus rien à désirer. 

Une poussière ayant picoté son nez rose,
Il éternue, et comme un loir,
Il s’étend, paresseux, chargé de nonchaloir,
Et genoux pliés se repose.

L’œil mi-clos, rêvassant plutôt qu’il ne sommeille,
Gardant l’ouïe et l’odorat,
Il guigne le grillon du mur, flaire le rat,
Écoute ronfler une abeille."  

"Il a neigé dans l'aube rose
Si doucement neigé,
Que le chaton croit rêver.
C'est à peine s'il ose marcher.

Il a neigé dans l'aube rose
Si doucement neigé,
Que les choses
Semblent avoir changé.

Et le chaton noir n'ose
S'aventurer dans le verger,
Se sentant soudain étranger
À cette blancheur où se posent,
Comme pour le narguer,
Des moineaux effrontés.

Maurice Carême

"Matins frileux !
Le temps se vêt de brumes ;
Le vent retrousse, au cou des pigeons bleus
Les plumes…

L'air est rugueux et cru
Un chat près du foyer se pelotonne ;
Et tout à coup, au coin du bois résonne,
Monotone et discord
L'appel tintamarrant des cors
D'automne."

Émile Verhaeren, Toute la Flandre,
1904-1911.

Chanson du chat gris
"Heure très belle et très fine
Où le soleil non pareil
Qui décline
Promène sur le mur de longues tresses d’or !
Oh regarde ! Sur le gazon
Devant la maison
Le chat gris à la queue rayée,
Qui, charmant tigre domestique,
Lève une patte
Délicate
Et joue avec un moustique."

Louis Codet, Poèmes et chansons, 1926.

"L’idée du calme se trouve dans un chat assis.", Jules Renard

"Il y a deux moyens d’oublier les tracas de la vie : la musique et les chats."
Albert Schweitzer

"Sur le bureau couvert de taches d’encre bleue
Où livres et cahiers gisent ouverts ou clos,
Il passe comme un souffle, effleurant de sa queue
La feuille où ma pensée allume ses falots…"

Maurice Rollinat. Les névroses, 1883

La Maison

"Sur la marche tiède
Un chat dort en boule.
Un frelon se cogne aux vitres ternies,
Où la vigne vierge et les araignées
Ne laissent passer
Que l’ombre des nuits."

Georges Chennevière, La légende du roi d’un jour, 1927.

« Oh ! La jolie fleur dans la vitrine !

- Oui, c’est un pavot blanc.

- Je ne vous parle pas des petits pavots. Je vous montre la fleur d’en bas, tachetée de clair et de sombre, veloutée, avec deux gouttes de rosée qui brillent, et de grandes étamines blanches pointues… Tiens, je me trompais, ce n’est pas une fleur, c’est un chat.

- Non,  non, vous avez raison, poète : c’est une fleur. »

Colette, Autres Bêtes, « Chats de Paris ».

"C’est un petit chat noir,
effronté comme un page.
Je le laisse jouer sur ma table, souvent.
Quelquefois il s’assied sans faire de tapage;
On dirait un joli presse-papier vivant.

Rien de lui, pas un poil de sa toison ne bouge.
Longtemps, il reste là, noir sur un feuillet blanc,
A ces matous, tirant leur langue de drap rouge,
Qu’on fait pour essuyer les plumes, ressemblant.

Mais le voilà qui sort de cette nonchalance,
Et, faisant le gros dos, il a l’air d’un manchon;
Alors pour l’intriguer un peu, je lui balance,
Au bout d’une ficelle invisible un bouchon.

Il fuit en galopant et la mine effrayée,
Puis revient au bouchon, le regarde, et d’abord
Tient suspendue en l’air sa patte repliée,
Puis l’abat, et saisit le bouchon et le mord.




Je tire la ficelle, alors, sans qu’il le voie;
Et le bouchon s’éloigne, et le chat noir le suit,
Faisant des ronds avec sa patte qu’il envoie,
Puis saute de côté, puis revient, puis refuit.

Mais dès que je lui dis: "Il faut que je travaille;
Venez vous asseoir là, sans faire le méchant!"
Il s’assied ... Et j’entends, pendant que j’écrivaille,
Le petit bruit mouillé qu’il fait en se léchant."

Edmond Rostand, Les Musardines, 1911

 Atelier Orient-Express


Pour cet atelier de calligraphie latine, j'ai choisi l'ambiance d'un voyage à bord du prestigieux train Orient-Express.



À l'aller, l'Orient-Express part de Paris - gare de Lyon -, traverse l'Italie, la Croatie, et la Bulgarie avant d'atteindre Istanbul.
Notre voyage calligraphique est mis en scène par des textes de poètes souvent natifs ou amoureux des pays traversés.



Au cours du voyage retour vers Paris, nous avons observé le célèbre Hercule Poirot en train de résoudre le "Crime de l'Orient-Express", roman de la non moins célèbre Agatha Christie.



Voyage aller : Paris-Istanbul

"Je te téléphone près du métro Rome.
Paris, sous la pluie me lasse et m'ennuie.
La Seine est plus grise que la Tamise.
Ce ciel de brouillard me fout le cafard

Car il pleut toujours sur le Luxembourg.
Y'a d'autres jardins pour parler d'amour.
Y'a la tour de Pise, mais je préfère Venise.
Viens, fais tes bagages. On part en voyage.

J'te donne rendez-vous à la gare de Lyon,
Sous la grand horloge, près du portillon.
Nous prendrons le train pour Capri la belle,
Pour Capri la belle, avant la saison."

Gare de Lyon, Barbara (1930-1997)

L'Orient-Express fonce dans le tunnel du Simplon vers L'Italie. Milan est en vue.
Pour le poète qui y vécut dix ans, autrefois, dans les années 40, Milan ne semble pas avoir été dénuée de charme ...

"Parmi tes pierres et tes brumes
je passe mes vacances : me repose
Place du Dôme.
Au lieu d'étoiles chaque soir s'allument
des mots.
Rien ne repose de la vie comme la vie.

Milan, Umberto Saba (1883-1957)

Voici Venise l'enchanteresse. Elle a pris dans ses rets le poète à l'écoute ... de son silence !

"Pas un bruit.
Seuls les gondeliers se racontent.
Les rames bruissent à peine et 
des églises, des canaux
une nuit inconnue nous fait signe.

Plus un bruit sur le noir sentier
L'air brasse un ave lointain
Vrai : je suis un empereur
mort qu'on emmène au tombeau..."

Gondoles, Rainer Maria Rilke (1875-1926)

L'Express a quitté l'Italie et traverse la Croatie. Ayons une pensée pour le poète croate Radovan Ivsic né à Zagreb.

"Le silence se répand comme une onde
autour de la pierre tombée dans un lac immobile, béant,
où pas même l'écho ne peut sauver le passé.

Dans mon oeil quelque chose bouge         
comme le jeu joyeux des cailloux du torrent,
et puis il y a l'arbre                                                       
comme une ombre que je voudrais visiter
mais je reste pétrifié.  

Il me semble que je ne peux bouger
qu'à la manière du tournesol
en suivant le soleil."

Le silence, Radovan Ivsic (1921-2009)    

Dobri Jotev brosse, d'un trait rapide, les paysages de sa Bulgarie natale. Contemplons-les avec lui, le nez collé contre la vitre du wagon.

"Blanches sont notre maison, la grange et la cour.
Blanches sont les meules de foin.    
Blancs sont les champs et même le Balkan.

Seuls les corbeaux noirs, tout noirs,
tournoient en nuées là-bas, dans la vallée.    

Ils tournoient,  les ailes déployées, au-dessus des fourrés, des rivières et des champs tout blancs.
Ils tournoient en cherchant vainement un petit coin
pour se poser."

Les Corbeaux, Dobri Jotev (1921-1998)

Istanbul, la fin du voyage aller
Et que fait le poète en Turquie ? Il peint, il coud !

"Tel est exactement mon boulot,
Chaque matin je peins le ciel,
Pendant que tous vous dormez.
Au réveil, vous le trouvez bleu.
Parfois la mer se déchire.
Vous ignorez qui la recoud ;
C’est moi.

Pour vous, hommes, mes frères
toutes choses sont pour vous
La nuit est pour vous
et le jour est pour vous
la lumière du jour et la clarté de la lune
les feuillages dans la clarté de la lune
l’inquiétude des feuilles, la sagesse des feuilles
les verts innombrables dans la lumière du jour."

"Mahmut le rêveur" - Orhan Veli (1914-1950) 

Voyage retour : Istanbul-Paris

Hercule Poirot, détective belge, vient de passer plusieurs jours en Syrie. Après un long voyage dans le Simplon Orient-Express, il se rend à l'hôtel Tokatlia, au Bosphore. Alors qu'il s'apprête à y passer quelques jours, il reçoit un télégramme lui ordonnant de rentrer à Londres pour une affaire de grande importance. Il commande alors un billet de train, mais toutes les places sont réservées. Très étonné par ce phénomène, Poirot réussit tout de même à obtenir une place grâce à un vieil ami. Cette histoire est très étrange, mais vu la diversité des nationalités et des rangs sociaux des passagers, Poirot ne croit pas à un coup monté. Le détective s'apprête donc à passer plusieurs jours dans ce train dans lequel il pourra apprécier les plaisirs des voyages ferroviaires, tout comme en subir les inconvénients ...

La nuit fut très agitée. En effet les neiges yougoslaves ont contraint l'Orient-Express à s'arrêter. De plus, le lendemain matin, on découvre le cadavre d'un américain, Ratchett, lardé de douze coups de couteau. Cette nouvelle intrigue tous les passagers. On confie vite l'affaire à monsieur Hercule Poirot.

Poirot interroge les passagers :
Greta Ohlsson - citoyenne Suédoise
Mrs Hubbard - citoyenne Américaine
Cyrus Hardman - citoyen Américain
Comte Andrenyi - citoyen Hongrois
Comtesse Andrenyi - citoyenne Hongroise
Colonel Arbuthnot - citoyen Britannique
Mary Debenham - citoyenne Britannique
Antonio Foscarelli - citoyen Américain par naturalisation
Princesse Dragomirov - citoyenne Française par naturalisation
Edward Masterman - citoyen Britannique
Hector McQueen - citoyen Américain
Hildegarde Schmidt - citoyenne Allemande
Conducteur Pierre Michel - citoyen Français

Hercule Poirot récolte plusieurs indices. Il est aidé dans son enquête par monsieur Bouc et le docteur Constantin. Poirot découvre la véritable identité de Ratchett: C'est Cassetti, le fameux voleur d'enfants, inculpé dans le rapt et l'assassinat de la petite Daisy Amstrong.

Poirot découvre la véritable identité d'une passagère, la Princesse, qui est en fait la soeur de Mrs Amstrong. Il découvre également que Mary Debenham a aussi un lien avec la famille Amstrong. Enfin, il s'aperçoit que tous les passagers du train ont un lien avec les Amstrong. Hercule Poirot a enfin trouvé les coupables. En effet, tous les voyageurs ont donné chacun un coup de couteau dans le corps de Ratchett pour se venger de l'assassinat de la petite Daisy Amstrong. Mais Hercule Poirot les a démasqués.

Extrait


"J'ai en effet conclu que
 la seule personne qui
n'avait pas participé au
 crime était ... la comtesse
Andrenyi."

 Atelier Opéra


C'est en calligraphiant quelques textes de grands airs d'opéra que mes élèves ont pu découvrir ou perfectionner leur pratique de huit écritures latines traditionnelles : onciale romaine, caractères de civilité - créés à Lyon en 1557 par le graveur Robert Granjon -, anglaise, humanistique, chancelière, gothique bâtarde anglaise, caroline et gothique fraktur.
Un exemple de calligraphie créative est donné par la représentation du mot "souffle" lié à l'opéra Werther.


  Les pêcheurs de perles

Opéra de Georges Bizet (1863)

En des temps reculés, à Ceylan, Nadir et Zurga sont épris depuis longtemps de Leïla, prêtresse que nul ne doit approcher. Ils évoquent des souvenirs... 




"Je crois entendre encore, caché sous les palmiers
Sa voix tendre et sonore comme un chant de ramier
Ô nuit enchanteresse, divin ravissement
Ô souvenir charmant, folle ivresse, doux rêve.
Aux clartés des étoiles je crois encore la voir
Entr'ouvrir ses longs voiles au vent tiède du soir."

Texte calligraphié en onciale romaine du IVe siècle.


 Madame Butterfly 


Opéra (1904) de Giacomo Puccini d'après une histoire de John Luther Long.
argument : Nagasaki, 1904. Cio-Cio San, jeune geisha de quinze ans, s'éprend d'un officier américain de passage qui l'épouse puis l'abandonne. Elle attendra trois ans son retour, sans jamais vouloir douter, rêvant à haute voix, en présence de sa confidente Suzuki.


"Un beau jour nous verrons un panache de fumée au-dessus de l'horizon de la mer."
"Et puis le navire apparaît. Le navire blanc entre dans le port.
Une salve gronde. Tu vois ? Il est venu !
Je ne vais pas à sa rencontre. Pas moi.
Je me mets sur le bord de la colline et je l'attends.
Et j'attends longtemps.
Et la longue attente ne m'est pas pénible.
De la foule journalière un homme, un petit point monte la colline.
Ce sera qui ? Et quand il me rejoindra, qu'est-ce qu'il dira ?
De loin il criera "Butterfly !".
Moi, sans répondre je resterai cachée : un peu pour taquiner et un peu pour ne pas mourir à la première rencontre.
Et lui, un peu triste criera : Ma petite femme, fleur d'oranger !,
les noms qu'il m'a donnés à son arrivée..."

Le texte est calligraphié en écriture humanistique.

 Mireille.


Opéra (1864) de Charles Gounod d'après le poème épique provençal Mirèio (1859) de Frédéric Mistral.
Près des Baux-de-Provence, un matin de la Saint-Jean, les magnanarelles cueillent, tout en chantant, les feuilles des mûriers destinées aux vers à soie.



"Chantez, chantez, magnanarelles, car la cueillette aime les chants.
Comme les vertes sauterelles au soleil dans l'herbe des champs.
Chantez, chantez, magnanarelles, car la cueillette aime les chants...

Fillettes rieuses et laborieuses un rayon d'été nous met en gaieté.
Nous sommes pareilles aux blondes abeilles
Dont l'essaim léger, sur les fleurs vermeilles, aime à voltiger.

Fillettes rieuses et laborieuses un rayon d'été nous met en gaieté
Et la chanson folle soudain nous console
Pour nous point d'ennui : l'heure qui s'envole l'emporte avec lui."

Le texte est calligraphié en caractères de civilité.

 

 Samson et Dalila


Opéra (1877) de Camille Saint-Saëns d'après l'histoire biblique.

Voici le début de la grande scène de séduction de Dalila... pour le plus grand malheur de Samson.
Le texte du chant de Dalila est calligraphié en écriture gothique bâtarde anglaise.

"Mon cœur s'ouvre à ta voix
comme s'ouvrent les fleurs
aux baisers de l'aurore !
Mais, ô mon bien-aimé,
pour mieux sécher mes pleurs,
que ta voix parle encore !
Dis-moi qu'à Dalila
tu reviens pour jamais !

Redis à ma tendresse
les serments d'autrefois,
ces serments que j'aimais !
Ah, réponds à ma tendresse !
Verse-moi, verse-moi l'ivresse ! ...
Ainsi qu'on voit des blés
les épis onduler
sous la brise légère,

Ainsi frémit mon cœur,
prêt à se consoler
à ta voix qui m'est chère !
La flèche est moins rapide
à porter le trépas,
Que ne l'est ton amante
à voler dans tes bras !
Ah ! Réponds à ma tendresse..."

 Lakmé


Opéra (1883) de Léo Delibes d'après une nouvelle de Pierre Loti

argument : Au XIXe siècle, l'Inde est sous domination britannique. Lakmé, fille de brahmane s'éprend d'un officier anglais...
Avant que le drame ne s'installe, Lakmé et sa confidente Mallika vont cueillir des fleurs pour orner le temple : "... Oui, près des cygnes aux ailes de neige, allons cueillir les lotus bleus."


"Sous le dôme épais où le blanc jasmin à la rose s'assemble, sur la rive en fleurs, riant au matin, viens descendons ensemble. Doucement glissons : de son flot charmant suivons le courant fuyant dans l'onde frémissante. D'une main nonchalante, viens, gagnons le bord où la source dort et l'oiseau chante.
Sous le dôme épais, sous le blanc jasmin ah ! descendons ensemble !
Oui, près des cygnes aux ailes de neige, allons cueillir les lotus bleus..."

Le texte est calligraphié en écriture Anglaise


 Werther


Drame lyrique (1892) de Jules Massenet d'après le roman de Goethe
argument : Werther aime Charlotte d'un amour impossible. Son désespoir le conduira au suicide une nuit de Noël.

Peu de temps avant Noël, Werther chante sa souffrance.



"Pourquoi me réveiller, ô souffle du printemps ? Pourquoi me réveiller ?
Sur mon front je sens tes caresses, et pourtant bien proche est le temps des orages et des tristesses !
Pourquoi me réveiller, ô souffle du printemps ?
Demain dans le vallon viendra le voyageur se souvenant de ma gloire première. Et ses yeux vainement chercheront ma splendeur. Ils ne trouveront plus que deuil et que misère ! Hélas !
Pourquoi me réveiller, ô souffle du printemps ?" 

Le texte est calligraphié en écriture caroline



 Les trois valses


Opérette viennoise (1935) d'Oscar Straus
argument : À Paris, trois valses pour trois générations de jeunes femmes : Fanny, Yvette, Irène...

Vers 1867, au printemps, Fanny traverse le jardin des Tuileries en chantant.
Le texte du chant est calligraphié en écriture chancelière.

"Oui je suis, je m'en rends compte,
en retard et j'en ai honte
Mais il faut que je vous conte
ce qui vient de m'arriver.
Je passais aux Tuileries,
quand dans une allée fleurie,
une voix s'est élevée,
à moins que j'aie rêvé.
Une voix qui me berçait
et tout bas me disait :

C'est la saison d'amour,
C'est le joyeux retour
du soleil, du muguet, du lilas,
Viens profiter de tout cela !
Viens fêter les beaux jours,
car les beaux jours sont courts
Souviens-toi que plaisir d'amour
ne dure pas toujours.

La chanson était si belle
que ramiers et tourterelles
l'ont soudain reprise en choeur
pour mieux troubler mon coeur.
Et la voix qui m'enchantait
en me suivant chantait :"
(C'est la saison d'amour...)

 La flûte enchantée


La Flûte enchantée
opéra (1791) de Wolfgang Amadeus Mozart sur un livret d'Emmanuel Schikaneder
argument : la recherche d'une Sagesse

Air de Papageno l'oiseleur "Der Vogelfänger bin ich ja"
Le texte est calligraphié en écriture gothique fraktur



"Je suis l'oiseleur, me voilà,
toujours gai, hop la, tralala !
Moi, l'oiseleur,
je suis connu
des jeunes et des vieux,
en tous lieux.

Je sais m'y prendre pour attirer
et je m'y entends aussi
pour siffler,
voilà pourquoi je suis joyeux,
car tous les oiseaux
sont à moi. "