Voyage aller
De Paris à Istanbul à bord du Simplon Orient-Express
Voyage en compagnie de poètes au pays de la calligraphie latine
Départ Paris, Gare de Lyon
Quittons Paris, c'est Barbara qui le dit !
Je te téléphone Car il pleut toujours J'te donne rendez-vous Paris, mon Paris,
Près du métro Rome. Sur le Luxembourg. A la gare de Lyon, Au revoir et merci.
Paris, sous la pluie Y'a d'autres jardins Sous la grande horloge, Si on téléphone,
Me lasse et m'ennuie. Pour parler d'amour. Près du portillon. J'y suis pour personne.
La Seine est plus grise Y'a la tour de Pise, Nous prendrons le train
Que la Tamise. Mais je préfère Venise. Pour Capri la belle,
Ce ciel de brouillard Viens, fais tes bagages Pour Capri la belle,
Me fout le cafard. On part en voyage. Avant la saison.
"Gare de Lyon" - Barbara (1930-1997)
calligraphie : écriture Moyenne Ronde pour le titre et Financière pour le corps de texte.
L'Orient-Express fonce dans le tunnel du Simplon vers L'Italie. Milan est en vue.
Pour le poète qui y vécut dix ans, autrefois, dans les années 40, Milan ne semble pas avoir été dénuée de charme ...
Parmi tes pierres et tes brumes
je passe mes vacances : me repose
Place du Dôme.
Au lieu d'étoiles chaque soir s'allument
des mots
Rien ne repose de la vie comme la vie.
"Milan" - Umberto Saba (1883-1957)
calligraphie : écriture Capitale Romaine pour le titre, Onciale du VIe siècle pour le corps de texte.
Voici Venise l'enchanteresse. Elle a pris dans ses rets le poète à l'écoute ... de son silence !
Pas un bruit. Plus un bruit sur le noir sentier,
Seuls les gondeliers se racontent. L'air brasse un ave lointain
Les rames bruissent à peine et Vrai : je suis un empereur
des églises, des canaux mort qu'on emmène au tombeau ...
une nuit inconnue nous fait signe.
"Gondoles" - Rainer Maria Rilke (1875-1926)
calligraphie : écriture Caroline.
L'Express a quitté l'Italie et traverse la Croatie. Ayons une pensée pour le poète croate Radovan Ivsic né à Zagreb.
Le silence se répand comme une onde
autour de la pierre tombée dans un lac immobile, béant,
où pas même l'écho ne peut sauver le passé.
Il me semble que je ne peux bouger
Dans mon oeil quelque chose bouge qu'à la manière du tournesol,
comme le jeu joyeux des cailloux du torrent, en suivant le soleil.
et puis il y a l'arbre
comme une ombre que je voudrais visiter
mais je reste pétrifié.
"Le silence" - Radovan Ivsic (1921-2009)
calligraphie : écriture Rustica
Dobri Jotev brosse, d'un trait rapide, les paysages de sa Bulgarie natale. Contemplons-les avec lui, le nez collé contre la vitre du wagon.
Blanches Seuls Ils tournoient, Ils tournoient
sont notre maison, les corbeaux, les ailes déployées, en cherchant
la grange noirs, tout noirs, au-dessus, vainement
et la cour. tournoient des fourrés, un petit coin
Blanches en nuées des rivières pour se poser.
sont les meules là-bas, et des champs
de foin. dans la vallée. tout blancs.
Blancs
sont les champs
et même le Balkan.
Les Corbeaux - Dobri Jotev (1921-1998)
calligraphie : écriture Gothique Textura pour le titre et Cursive Gothique pour le corps de texte.
Istanbul, fin du voyage aller
Et que fait le poète en Turquie ? Il peint, il coud !
Tel est exactement mon boulot, Pour vous, hommes, mes frères
Chaque matin je peins le ciel toutes choses sont pour vous.
Pendant que tous vous dormez. La nuit est pour vous
Au réveil, vous le trouverez bleu. et le jour est pour vous
Parfois la mer se déchire, la lumière du jour et la clarté de la lune
Vous ignorez qui la recoud ; les feuillages dans la clarté de la lune
C'est moi. l'inquiétude des feuilles
la sagesse des feuilles
les verts innombrables dans la lumière du jour.
"Mahmut le rêveur" - Orhan Veli (1914-1950)
calligraphie : écriture Gothique Ronde
Il est temps de retourner vers Paris ...
Compostez !
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